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mercredi 22 octobre 2014

Arrivée à Arc Nucléart



Le CEA de Grenoble, où se trouve Arc Nucléart, est une ville à part entière… et bien surveillée. Après avoir franchi une double barrière, toutes les personnes du camion, conducteurs compris, doivent se présenter à l’accueil avec la carte d’identité. Toutes leurs informations sont enregistrées, et ils sont pris en photographie pour constituer un badge d’accès. Autrement, nous sommes tous originaires de l’Europe, sinon, la procédure est encore plus compliquée. 

Enfin… toutes les personnes du camion… Bien cachées dans leurs caisses, les momies franchissent incognito le contrôle d’accès. Et heureusement, car elles ne viennent pas d’Europe. Mais elles ne représentent guère de danger d’espionnage industriel. 

Des rues, des ronds-points, des panneaux, des parkings… Le laboratoire d’Arc Nucléart est un bâtiment discret, qui semble anodin. Semble, seulement, car par la fenêtre, on devine des statues anciennes, des cadres posés sur des tréteaux. 

Depuis maintenant 50 ans, ce laboratoire emploie les techniques de pointe les plus poussées pour la conservation du patrimoine artistique. L’irradiation aux rayons gamma est utilisée pour détruire les attaques parasites dans les œuvres. La consolidation des bois gorgés d’eau se fait par imprégnation de polyéthylène glycol. 

L’équipe nous attend. Même le photographe est là. L’arrivée de 4 momies n’est pas si banale que cela, même si l’équipe est aussi habituée à voir arriver des pirogues, des galères, des sculptures monumentales… Le quotidien est par nature varié à Arc Nucléart. 

Les momies sont déchargées et mises dans une zone de quarantaine. De là, elles gagneront directement la chambre d’irradiation, où elles seront enfin débarrassées dans leurs hôtes indésirables. Le biologiste, qui avait mené l’analyse deux ans plus tôt, vient de nouveau les saluer. 

Nous pénétrons enfin dans le bâtiment. Dans un premier bac, trempent des trésors, des bois sculptés japonais de 2400 ans, d’une sépulture impériale. Dans l’autre, juste à côté, des éléments d’un moulin médiéval de la Saône, retrouvés en fouille. Tous les deux seront conservés, l’un comme chef d’œuvre de l’humanité, l’autre pour comprendre l’architecture médiévale.

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