Pages

vendredi 3 octobre 2014

Le début des aventures

Grande agitation en ce moment dans les réserves du musée Déchelette autour des momies. Le voyage se rapproche, il faut maintenant préparer ces dames à la route. La première étape se nomme conditionnement. Il s'agit d'emballer chaque objet afin qu’il puisse voyager sans courir le moindre risque.

Le conditionnement d’objets aussi fragiles se fait par des restaurateurs professionnels, qui ont effectué cinq années d’étude et ensuite de nombreuses années de pratique. Ils savent manipuler les objets sans les abîmer. Car ces pièces sont si fragiles que parfois, elles pourraient s’abîmer par un simple contact : la peinture pourrait se décoller, le bois s’effriter, les bandelettes se détacher. Les restaurateurs regardent attentivement chaque pièce pour déterminer les zones à risque et celles où elles peuvent être touchées.



La première difficulté a été de sortir les objets des caisses où ils avaient été enfermés des années auparavant, sans la moindre précaution. Souvent, nous n’avons eu d’autre solution que de scier la caisse pour pouvoir récupérer le sarcophage. Car il était trop risqué de soulever la pièce. Elle aurait pu se rompre en morceaux.



Emilie Blanc, restauratrice spécialisée en bois archéologiques polychromés et en chantiers des collections, étudie avec les agents du musée la meilleure manière de sortir un sarcophage de sa caisse.
La caisse une fois sciée, les agents du musée déplacent le sarcophage au moyen d’un plateau de manipulation qui évite de toucher directement l’œuvre. Cette pièce pèse presque 100 kilos



Même question pour les momies : Laure Cadot, restauratrice spécialisée en restes humains, élabore un protocole de manipulation.

Chaque momie a été emballée dans un papier de soie. Ce matériau est abondamment utilisé dans les musées, car il est d’un pH neutre, et ne risque en aucun cas d’altérer la matière. Il est souple et s’applique sans forcer à la forme de l’objet. En musée, nous utilisons du papier de soie blanc, bien sûr, pour ne pas risquer de transfert de couleurs.    



Conditionnement de Tjesisetperet. Les momies contiennent très souvent des substances toxiques, comme de l’arsenic et du mercure. Il faut donc prendre des précautions avant de les manipuler.


Ensuite, une caisse a été réalisée pour chacune d’entre elles, à la mesure juste, mais en rajoutant 10 centimètres de chaque côté, aux pieds, à la tête, sur le dessus et le dessous. Dans cet espace, deux couches de mousse neutre en polyéthylène à cellules fermées, l’une rigide et l’autre souple, ont été appliquées pour absorber les vibrations. La deuxième couche a ensuite été recouverte d’un matériau spécifique, un tissu de polyéthylène. Cette nouvelle couche améliore encore la protection. En effet, chaque matériau protège d’une façon face aux vibrations, aux changements de température, d’humidité. Pour conserver les œuvres, il faut donc mieux quatre couches de matériaux différents, plutôt qu’une seule, même plus épaisse. Les matériaux peuvent ainsi se compléter et travailler ensemble pour un maintien irréprochable.


Nesykhonsou prête pour le voyage.
De cette manière, les momies et les sarcophages pourront sans danger rejoindre le laboratoire Arc Nucléart à Grenoble pour y être désinfectées. 



Aucun commentaire:

Publier un commentaire